Accueil du site > Conclusion > Le destin difficile de Blaise Diagne
Le destin difficile de Blaise Diagne
Pour écouter la musique : clic droit>ouvrir dans un nouvel onglet. Attention, le morceau peut mettre une ou deux minutes à charger !

La IIIème République (1870-1940) avait intégré, assimilé Blaise Diagne en lui offrant une carrière dans les Douanes et en lui ouvrant les portes de l’Assemblée Nationale en 1914.
Convaincu de ces valeurs républicaines héritées de 1789 et des Lumières, l’élu franco-sénégalais n’eut de cesse que de défendre la reconnaissance de l’égalité des droits entre les colonisés d’Afrique noire et les Français de métropole ; dans cette même logique, il a poussé ses compatriotes africains à rejoindre les troupes coloniales pour défendre la patrie française attaquée par l’Empire d’Allemagne et ses alliés…
Au final, Blaise Diagne a dû se faire plus d’ennemis que de partisans entre 1914 et 1934, date de sa mort. Certains Blancs n’ont pas supporté qu’un "nègre" devienne un député français, soit proche du gouvernement et épouse une femme blanche… Certains Noirs n’ont pas compris que Diagne envoye ses frères de couleur se faire tuer pour défendre la terre de "nos ancêtres les Gaulois" ; ils n’ont pas digéré, eux non plus, que cet Africain épouse une femme blanche. Du point de vue politique et religieux, l’engagement de Blaise Diagne dans la Franc-maçonnerie a également provoqué l’hostilité de certains Africains et Français, musulmans, animistes ou chrétiens.
Grâce au sport, le fils de Blaise Diagne, Raoul, a finalement réalisé la synthèse de l’oeuvre de son père en devenant l’un des premiers joueurs de couleur noire appelé en équipe de France de football, puis en finissant sa carrière comme entraîneur de la sélection nationale sénégalaise après l’indépendance de 1960 !
Grâce à une brillante carrière médicale et à sa bravoure sur les champs de bataille de 39-45, un autre fils de Blaise, Adolphe Diagne a également démontré l’intégration réussie dans la société française d’une famille originaire du Sénégal.

- La mère de Blaise Diagne et ses petits enfants en 1918
- Adolphe, Raoul et Roland
Le petit-fils de Blaise Diagne porte aujourd’hui le même prénom que son grand-père : il est depuis plusieurs années le maire de Lourmarin, une magnifique commune du Vaucluse où est enterré le plus algérien des écrivains français ou le plus français des écrivains algériens : Albert Camus…mais c’est déjà une autre histoire !

- Camus : L’Etranger

